Samedi 29 juillet 2006

Il y a une certaine heure dans la journée où j'aime bien regarder l'extérieur. Il ne fait pas encore nuit. il ne fait plus vraiment jour. C'est un peu entre les deux. La lumière n'est plus aussi brillante mais elle est toujours présente. Je sens qu'il ne fait plus aussi chaud qu'au milieu de la journée. On entend les bruits des gens qui vivent dans les appartements alentour. Je m'assied. Je me pause. Je regarde : les arbres en face, les fleurs en bas dans leurs pots bien rangés, les balcons calmes, sans personnes...et puis, hop à ce moment-là précis, pas à un autre, le tournoiement de la chauve-souris. Elle vole en cercles réguliers, de temps en temps elle descend un peu plus bas, d'autres fois elle remonte. Je la regarde, c'est un peu comme de regarder les flammes  d'un feu qui bougent dans la cheminée en hiver, c'est ultra apaisant. C'est beau, elle semble ne pas avoir de direction, elle tourne c'est tout, parce qu'elle est une chauve-souris et qu'une chauve-souris ça vole en tournant c'est une chose établie. Au bout d'un moment je crois bien que c'est moi qui arrête, qui me lève, vaque à mes occupations et du coup je ne sais pas pendant combien de temps elle continue à faire ça mais quand je peux, un autre jour, je retourne la regarder.

Il y a un autre moment où là il fait vraiment nuit. Dans l'immeuble en face il n'y a que quelques lumières allumées, très peu, et pourtant il est assez grand l'immeuble en face. Et j'aime bien déambuler dans l'appartement, sentir que tout dort, que je peux faire ce que je veux, marcher en culotte ou pas, comme je veux parce qu'ils dorment. On n'entend aucun bruit comme si tout le monde choisissait le même moment pour l'extinction des feux. Je crois que si les murs étaient plus fins je pourrais entendre le râle de leur respiration. Les murs ne sont pas si fins. C'est paisible. Je m'apprête moi aussi à entrer en léthargie. Je m'allonge. Je me concentre sur la fatigue que je ressens pour trouver le sommeil. C'est bon. Et là ce sont des cris qui cassent ce moment. Ils ne me gênent pas vraiment ces cris qui viennent rompre ce silence et que finalement très peu de gens entendent puisqu'ils sont tous en léthargie. Ce sont des cris de plaisir. Ils trouvent bien leur place dans ce moment. Mais par dessus ces cris en surgissent d'autres, des cris. Des cris de moquerie ou de colère, je ne sais pas trop...des cris de jalousie peut-être, oui ça en a tout l'air. En tous cas, ça râle dans le silence de la nuit. J'attends juste qu'ils se calment. Et puis, oui, ils se calment tous. Je m'endors.

Par Myriam Brabant - Publié dans : glaneuse
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Retour à l'accueil

Calendrier

Novembre 2009
L M M J V S D
            1
2 3 4 5 6 7 8
9 10 11 12 13 14 15
16 17 18 19 20 21 22
23 24 25 26 27 28 29
30            
<< < > >>

Recherche

Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus